Dans la peau d’un chasseur

Comme je vous l’ai dit dans le précédent billet, nous avons rencontré pas mal de campagnards Australiens durant cette semaine à Narromine. En effet, ceux-ci sont très accueillants et n’hésitent pas à vous faire la discussion lorsque vous les croisez. J’ai eu la chance de vivre une expérience assez particulière puisque j’ai rencontré un « chasseur de kangourous ». Il avait une vingtaine d’années et voulait absolument me faire voir sa passion. Quand il me parlait, j’avais du mal à croire ce qu’il me disait puisque je ne savais même pas que chasser le kangourou était autorisé en Australie. A vrai dire, je n’en suis toujours pas sûr,…

Bref, il m’a proposé de venir avec lui en fin d’après midi pour me montrer de quoi il s’agissait réellement. J’ai donc accepté l’invitation et y suis allé avec Quentin. Pour les âmes sensibles, je vous déconseille de lire ce qui va suivre.

Nous sommes donc partis dans un immense champ de quelques centaines d’hectares à la poursuite des kangourous. Nous finissons par en apercevoir un à une centaine de mètres. Le conducteur sort son fusil, le pose sur le rebord de la fenêtre et après quelques secondes de concentration, tire. La détonation retentit et une odeur de pétard envahit la voiture. Le kangourou, jusqu’ici assis tranquillement, se met à bondir à toute vitesse dans le sens opposé. Ouf, il l’avait loupé.

Nous continuons notre chemin et cette fois nous apercevons au loin 2 kangourous, une mère et certainement son enfant. Nous les suivons pendant quelques centaines de mètres à bord du pick-up. Les kangourous finissent par s’arrêter, le chasseur pointe son arme dans leur direction et ajuste son tir. Il tire à nouveau. Un bruit sourd fend l’air. La mère kangourou s’étale littéralement. Son enfant s’enfuit. Le chasseur jubile. Je reste perplexe et me demande si le kangourou est réellement mort. Le tireur roule dans la direction de la cible. Il s’arrête, sort du véhicule et nous invite à faire de même afin de voir la dépouille. Il la chope comme un vulgaire bout de viande. Ses yeux encore ouverts nous fixent avec horreur. Le kangourou est mort. Mon cœur s’emballe. Le meurtrier inspecte la victime et y découvre un bébé kangourou à peine sevré. Sa peau rosâtre et son absence totale de pilosité laisse à penser à un nourrisson de moins d’une semaine. Mon cœur s’emballe à nouveau. Le meurtrier récidive. Il achève l’enfant en le frappant sur un tronc. Une larme coule. Que fais-je ici ? Pourquoi ? Je ne comprends pas ce qui se passe et Quentin est également sous le choc. Quentin a le courage de prendre une photo pour faire plaisir au chasseur qui voulait absolument que l’on prenne quelques clichés. Il l’effacera quelques heures plus tard.

La partie de chasse continue et nous voila reparti. Je reprends petit à petit mes esprits. Plusieurs kangourous subirent le même sort quelques minutes plus tard. Je ne peux plus aller voir les cadavres. Les images du premier kangourou sont déjà gravées dans ma mémoire. On continue de rouler. Le jeune nous fait visiter les environs. J’ai la chance de voir des émeus sauvages (grosses autruches) à quelques centaines de mètres, des pélicans, des corbeaux et des canards. Les paysages s’enchainent, on passe d’un champ de coton de 12km à un champ d’haricots en passant par des terres rouges arides. Le jeune nous demande si nous voulons tirer sur un kangourou, nous refusons mais bizarrement, nous acceptons de tirer sur un canard. Quentin s’essaye en premier et loupe sa cible. Même chose pour moi. La sensation de tirer est assez agréable et je commence à comprendre l’enchantement du chasseur. Il faut savoir qu’il ne ramasse pas les dépouilles. J’essaye de peser le pour et le contre mais enfin de compte, je ne vois aucun « pour ». Son argument principal était qu’il y a plus de kangourous en Australie qu’il n’y a d’Australiens… Je fini par me dire que chasser le kangourou pour le plaisir revient au même que de chasser n’importe quel animal pour le plaisir,…

Published in: on 23 février 2009 at 11:07  Commentaires (2)  
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Semaine à Narromine

Après avoir cueilli les prunes pendant un mois et demi, nous voilà embarqués dans une nouvelle aventure : celle du maïs. En route pour Narromine, tout petite ville située dans les terres à hauteur de Sydney. Notre équipe française de fruitpicker composée des plus avertis ( : Brieuc l’ultime pickeur, Quentin au mental d’Acier, Nicolas D. l’homme perdu, Adrian aka CraquageMan, Jo le robuste, Youri dit MalboroMan, Nico C. The AmericanBoy and Rémi ShowerMan. ) était complétée de 2 American Girls, 1 German Girl, 1 Taiwanese Girl et de 3 Estonian Boys. Nous partons donc de Griffith à bord d’un minibus conduit par notre patron, Max, un turc au caractère très trempé.

Nous arrivons à Narromine, il pleut. L’hôtel est sympa et est situé juste à coté d’un pub et du bottelshop de la ville. Dès le début, Max y va très fort, il nous paye le McDo puis le soir nous paye à boire. Nous apprécions notre première nuit dans ce motel avec lit individuel, télé, serviette propre, climatisation ou chauffage… (un mois que nous n’avions pas gouté au plaisir d’un vrai lit et d’une serviette propre !). Le lendemain, il pleut toujours, nous ne travaillerons donc pas. On en profite pour visiter la ville de Dubbo (30000 habitants) qui se situe juste à coté. Max nous paye encore une fois à manger, ce sera Grec pour tout le monde, et nous achète à tous des bottes et des combinaisons imperméables pour qu’on puisse travailler.

Le lendemain, premier jour de travail, il a plu toute la nuit. Quinze minutes de bus direction la ferme, l’ambiance est au rendez-vous, la musique « i’m a babygirl » nous motive les premiers matins. On arrive à 7h dans le champ et on découvre enfin notre travail. Il faut qu’on castre les maïs femelles, soit 130 hectares de (fucking) maïs ! C’est parti pour une semaine. On comprend vite le geste qu’il faut faire, il suffit d’arracher la tige située au centre du maïs, c’est-à-dire qu’on tire environ 10000 fois par jour et qu’on marche 7-8km. Le soir, on est complètement rincé et on ne peut plus plier nos doigts, les ampoules sont déjà de la partie, bref on est content.

Le jour suivant, il pleut trop, on commence qu’à midi. Les champs sont trempés et on fini pour certain avec les pieds complètement mouillés, d’autres ont des ampoules aux pieds à cause des bottes qui ne sont pas à notre taille. Max a pris l’habitude d’embourber le minibus et nous demande de le pousser à chaque fois qu’il s’enlise, c’est à dire une fois par heure (Merci Max).

En plus de notre équipe de jeunes (démotivés) se joignent à nous 15 indiens dont « Le Petit », un indien d’un mètre cinquante avec un bob de 30cm sur la tête. Il pleut également le lendemain mais Max décide qu’on travaillerait quand même. Certains ne se sont pas réveillés, (7 personnes sur 15) à cause de l’anniversaire d’un des estoniens (Bruno). Max est vraiment énervé surtout qu’il a encore une fois embourbé le minibus. Nous arrivons à le sortir en s’y mettant à 10 en plus d’un 4×4 qui le tractait. Bref, la journée est chaotique et encore une fois on fini épuisé.

Les trois jours suivants sont différents puisque le soleil est au rendez-vous. Il fait à présent trop chaud et rester sous le soleil toute la journée est aussi épuisant que de travailler sous la pluie. Une fois le champ fini, on apprend qu’il faut à présent « checker » les allées que nous avions faites car apparemment nous avions oublié et mal castré beaucoup trop de maïs,… Bref le mental en prend encore un coup car à présent nous faisons 15km de marche par jour à regarder le maïs qu’on aurait bien du castrer…

La semaine est finalement passée très vite. On a croisé pas mal d’Australiens de la campagne et beaucoup parlé Anglais. Entre la soirée Poker où je (Rémi) suis arrivé jusqu’à la table finale, les soirées au bar, l’anniversaire de Bruno, la « party » finale organisée par Max et la soirée Casino, ce fut une semaine bien remplie qui nous a permis de toucher 700 dollars chacun, soit de quoi bien commencer la suite de notre voyage. Nous partons à Melbourne dans les prochains jours et la Tasmanie nous attend également.

Published in: on 23 février 2009 at 11:06  Commentaire (1)  
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Griffith : Nouvelles du 9 Fevrier 2009

Tout d’abord, je vous écris de l’enfer, comme vous le savez sans doute, ici c’est la canicule, mais attention pas la canicule comme on la connait. En effet lors de la dernière canicule en france, la plus chaude des journées passerait ici pour une douce journée de printemps. Pour résumer, il n’y a pas eu de température en dessous de 40 degrés pendant 10 jours, il fait chaud (mais un vrai chaud!) du matin au matin. On se lève en sueur et on se couche dans le même état, les trains sont arrêtés puisque les rails ont fondu, les routes également, nous sommes a l’endroit le plus chaud de la planète comme le titre le quotidien australien en première page “the hottest place on the planet“.

Il parle également de furie de l’enfer pour parler des incendies qui ont rayé un village de la carte. Nous ne savions pas tout ca puisque nous vivons un peu en marge et vous nous avez appris la nouvelle par vos coups de fil inquiets, mais ne vous inquiétez plus, nous allons bien.

Nous travaillons toujours pour notre fermier “Tony” et cueuillons toujours des prunes. Nous vivons toujours au camping le “showground” avec un groupe d’une vingtaine de francais, nous travaillons tous ensemble. Il y a un arrangement avec le camping, ce dernier nous fournit un bus avec chauffeur et nous restons au camping. Le chauffeur est fou et son frère également, il pense que le bus est sponsorisé par Castrol ou autre sponsor de rallye. Dans le camping nous avons notre petit train de vie, toujours pâtes et steack et pas grand chose d’autre à vrai dire, si, on a mangé du poulet pané. Il y a beaucoup de personnalités différentes au camping, par exemple les taulards, en rapport avec la peine qu’ils ont purgé allant de 4 à 9 ans, des gens formidables, les serial killers exilés, les gens de deux mètres et de 21kg, ou encore la mafia indienne qui ne veut pas nous payer, en bref que du beau monde.

Mais tout va bien. Les moustiques sont toujours aussi virulents et les mouches mutantes prennent le relais la journée, des mouches qui peuvent rester toute une matinée sur le visage à essayer de rentrer dans la bouche, dans le nez ou dans les yeux, je ne savais d’ailleurs pas qu’il y avait une ouverture dans les yeux. Nous avons également rencontré de très gentils fidjiens qui nous ont proposé de faire un volley le soir, en nous y rendant nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’une cinquantaine de colosses des fidji et samoa, des beaux poulets. D’ailleurs, on ne reconnaissait les femmes que par leurs cheveux longs, après midi très sympa avec la famille de jonah lomu. Comme toujours, j’éxagère, ici tout n’est pas si terrible, on aura beaucoup de souvenirs et on rigole vraiment, le seul point négatif c’est qu’on ne gagne pas d’argent au rythme qu’on aimerait, mais on fera avec. Je vous laisse et espère que tout se passe bien où que vous soyez.

Youri

Published in: on 11 février 2009 at 2:12  Laisser un commentaire  
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